L’avenir des métiers de Forex (trader forex) en Afrique : retour sur la 1ère conférence-débat 2020 du Pôle Finance à Paris

Le vendredi 14 février dernier, le jour de la Saint-Valentin, les MSc & MBA d’INSEEC Paris ont décidé de mettre en lumière les métiers de Forex (trader forex) en Afrique lors de la première conférence-débat de l’année organisée par Ellen Kountz, directrice du Pôle Finance. Ce nom de métier peut, pour les néophytes, sembler bien curieux et opaque. Pourtant, si nous avons voyagé à l’étranger par le passé, nous avons sans aucun doute déjà croisé un trader forex, un professionnel du change de devises. Retour sur cette conférence-débat qui a permis à nos deux speakers d’éclairer les participants sur les dessous du change de devises, un marché fascinant qui brasse près de 5000 milliards de dollars par jour. 

Les conférences-débats organisées par Ellen Kountz sont de véritables appels à lutter contre les idées reçues sur les sujets liés au monde de la finance pour nos étudiants. Ce sont, pour eux, des occasions de faire preuve d’ouverture d’esprit et de curiosité pour des domaines auxquels ils ne penseraient pas de prime abord vis-à-vis de l’orientation qu’ils souhaitent donner à leur carrière professionnelle. En leur faisant découvrir des métiers de niche ou peu mis en avant, nous leur donnons de belles opportunités de réflexion.

Les métiers de Forex dans les Afriques

Un globe en orientation south-up : une façon de voir le monde autrement que sous l’angle auquel il est de coutume de se le représenter

Pour cette nouvelle édition, le nom de la conférence interpelle :« L’avenir des métiers de Forex dans les Afriques ». Qu’est-ce que le forex ? Pourquoi dire les Afriques ? Ce nom de conférence, selon Ellen Kountz, est une façon « d’interpeller les étudiants, de les plonger dès le départ dans une ambiance de débat et de les challenger sur leurs idées reçues sur l’Afrique ». Donner une conférence sur le continent africain est également une belle occasion de dépasser l’européocentrisme et de rappeler, notamment pour les étudiants français, que le monde et l’histoire ne se construisent pas qu’autour de l’Europe.

En effet, l’Afrique est souvent associé à l’Europe, notamment à l’époque de la France colonialiste. Toutefois, le continent africain ne se résume pas qu’uniquement aux pays francophones qui le composent. Bien d’autres pays y sont présents (Soudan, Afrique du Sud, etc.) et possèdent des préoccupations qui sont bien différentes que celles des pays de l’Afrique francophone. Voilà pourquoi Ellen Kountz préfère parler des Afriques et non juste de l’Afrique.

 

Mais les métiers de Forex, qu’est-ce que c’est ?

Les métiers de Forex (raccourci de Foreign Exchange Dealer en anglais) sont tout simplement les métiers liés au change de devises. Le forex, ou plus communément appelé le trader forex ou cambiste en français, est un opérateur professionnel spécialiste des opérations de change.

Les deux speakers de cette conférence-débat ont notamment eu l’occasion de revenir sur leurs sujets de prédilection :

  • Ellen Kountz a notamment parlé du métier de cambiste (le trader forex), la parité fixe du Franc CFA (l’évitement de l’inflation) et a challengé les étudiants sur la question de l’avenir des nouvelles monnaies africaines (notamment virtuelles).
  • Rany Patout, consultante bilingue en management interculturel, spécialisée dans les marchés asiatiques, et professeure au Pôle Finance, a pu éclairer nos étudiants sur la présence de la monnaie chinoise (le yuan) en Afrique à travers les entreprises qui y sont implantées.

Le change de devises, un écosystème plus complexe qu’il n’y paraît

197 pays sont reconnus officiellement par l’ONU dans le monde. Pour autant, il existe 167 devises officielles selon le site de Travelex. Avec autant de devises, le change est un marché en perpétuel mouvement. Entre le tourisme, les voyages d’affaires et les échanges internationaux, notamment commerciaux, le change de devises est le marché financier le plus liquide au monde avec plus de 5000 milliards de dollars échangés par jour !

La liquidité est la capacité pour tout actif d’être vendu ou acheté rapidement sans que cette transaction n’ait trop d’impact sur les prix pratiqués sur son marché. C’est notamment le cas pour le change de devises qui bénéficie d’une liquidité exceptionnelle dans la conjoncture économique actuelle. L’achat simultané de nombreuses devises de par le monde au quotidien ne fait pas tant bouger les taux de change.

Le change de monnaie ne se résume pas qu’uniquement aux bureaux de change dans les villes. Il existe tout un écosystème et des métiers qui s’appuient sur des stratégies liées au change de devises. Toute entreprise ayant un volet import/export est touché par la nécessité d’avoir un Desk Cash Management qui doit veiller sur les cours de change qui peuvent avoir un impact très important sur le coût des matières premières.

Nos deux speakers ont notamment abordé les sujets de la décimalisation des prix (la nécessité d’augmenter la granularité quand le marché des changes est très liquide, soit pour faire simple : cela désigne les nombreux chiffres représentant les centimes en euros, alors qu’en pratique il ne devrait pas y en avoir plus de deux) et l’arrimage (lorsque les taux de change fixe ne peuvent pas bénéficier d’une déflation favorable à l’économie).

Et l’Afrique et la monnaie chinoise dans cet écosystème ?

Le dollar américain pèse pour 87% des changes de devises quotidiens dans le monde, le yuan chinois pour 2,5%. Pour autant, il n’existe aucune monnaie africaine dans le top 10 des devises échangés dans le monde. Un phénomène de prime abord curieux, alors que l’Afrique accueille de  plus en plus d’entreprises américaines mais aussi chinoises sur son continent. Rany Patout a notamment informé les étudiants qu’il existait une trentaine d’accords bilatéraux commerciaux entre la Chine et l’Afrique, ce qui concurrence la position de leader de la France sur le continent africain.

Il y a une véritable question qui se pose sur l’avenir des monnaies africaines au sein de son propre continent face à l’internationalisation des marchés financiers et le succès du mobile. Les monnaies virtuelles en Afrique, comme le bitcoin, sont légion sur le territoire parce qu’elles n’empiètent pas sur les monnaies qui y existent déjà. Cela a par conséquent un impact sur le marché du change des devises, ce qui explique les monnaies africaines ne sont pas représentées dans le top 10 des monnaies les plus changées au monde.

En effet, historiquement, comme a pu l’expliquer Ellen Kountz lors de la conférence-débat, l’Afrique a évolué très rapidement. Là où la France a encore la culture du téléphone fixe dans le monde de l’entreprise par exemple, les smartphones sont la norme sur le continent.  Il n’y existe que très peu de téléphones fixes, ces derniers n’ayant pas eu l’opportunité de prendre leurs racines et de s’implanter durablement sur le continent, le smartphone y ayant été commercialisé en amont. Le développement du mobile a été très rapide et est l’un des atouts majeurs de l’Afrique aujourd’hui. Ce développement a permis celui de la monétique et du paiement mobile. Et tout naturellement, le continent fait émerger sur le marché depuis deux ans, lentement mais sûrement, sa première monnaie virtuelle, l’AFRO. Peut-être l’un des futurs concurrents sérieux du bitcoin…

L’avenir des conférences-débats : vers des thèmes plus pointus mais pourtant fondamentalement transversaux

Nous sommes très heureux de pouvoir proposer à nos étudiants du Pôle Finance des MSc & MBA d’INSEEC Paris des conférences-débats aussi ambitieuses sur des thèmes très spécifiques, peu connus du grand public, mais pourtant fascinants. Le cycle de conférences INSEEC Mindset, concernant l’ensemble de nos étudiants de nos 8 pôles d’expertise, répond également à la même dynamique mais avec pour objectif de proposer des thématiques davantage transversales, au cœur des débats publics.