Immersion au cœur du luxe avec le M2 Fashion Marketing au Vogue Fashion Festival 2017 !

Surfant sur le succès de l’année dernière, Vogue a organisé les 24 et 25 novembre 2017 à Paris sa deuxième édition du Vogue Fashion Festival. Des marques et des invités de prestige (Kering, Louis Vuitton, l’Oréal, Chanel, Fartfetch notamment) se sont succédés pour discuter des transformations business et créatives que vit aujourd’hui le monde du luxe, comme la montée en puissance du digital, les nouvelles technologies, la responsabilité environnementale et éthique, et les processus créatifs. Les étudiants du M2 Fashion Marketing ont eu la chance d’y participer, et se font un plaisir de partager avec nous un condensé des points de vue des intervenants sur ces problématiques.

Le digital et le luxe, antinomiques ou complémentaires ?

Avec l’avènement des réseaux sociaux et de la vente en ligne, le digital a naturellement occupé une place centrale lors du Vogue Fashion Festival. Même si elle est poussée à différents degrés, l’utilisation des réseaux sociaux est une évidence pour chacune des marques représentées, en tant que complément des outils marketing traditionnels tels que les défilés, les ambassadeurs, etc.
En effet, la présence digitale d’une marque, notamment une marque luxueuse, agit en tant que champ d’expression touchant particulièrement sa nouvelle cible, les Millenials. Pour autant, ces marques ont des visions parfois opposées de la commercialisation des produits en ligne. Pour des marques telles que NYX, Urban Decay et L’Oréal, le e-commerce est naturel. Pour les marques du groupe Kering, l’e-commerce n’est plus optionnel, il s’agit d’un service complémentaire à la vente dans les boutiques physiques.
Mais pour Chanel, ne pas vendre en ligne ses produits phares est issu d’une vraie volonté, qui correspond à la vision d’exclusivité et de rareté telle qu’exprimée par ses clients.
Selon Bruno Pavlovsky (président des activités mode de Chanel),
« c’est en boutique où le récit de la marque a lieu et où toute l’expérience sensorielle et le rêve prennent forme, et donc là où l’acte d’achat doit être fait ».

Même si par définition le luxe est synonyme de tradition et d’artisanat, il n’échappe pas à la course aux nouvelles technologies.
Comme l’a introduit François-Henri Pinault (PDG de Kering):
« elles ont pour objectif d’optimiser les tâches à moins forte valeur ajoutée et de répondre encore mieux aux attentes des clients ».

Alors lorsque le site e-commerce Farfetch a franchi le pas pour ouvrir son premier magasin physique nommé « Store of the Future », l’utilisation des nouvelles technologies était une évidence.
Comme Sandrine Deveaux (Directrice Générale Store of the Future) aime à le rappeler,
« il ne s’agissait pas de proposer des innovations juste pour le plaisir, mais pour « remettre l’humain au devant », pour mieux servir le client et pour aider les vendeurs dans cette mission ».

La vente et la relation client n’ont pas le monopole des innovations technologies. A titre d’exemple, Google a développé des solutions de numérisation haute définition utilisables aussi bien pour des œuvres d’art que des productions de la Haute Couture. Le géant technologique a également créé une solution pour la création de silhouettes en 3D. Une démonstration relativement impressionnante a d’ailleurs été faite en direct devant les participants du Fashion Festival !

Parmi tous les intervenants présents au Vogue Fashion Festival 2017, certains ont partagé leurs projets au sein desquels la démarche « responsable » occupe une place centrale. Un sujet très intéressant qui a été abordé avec beaucoup d’attention !
Pour Liya Kebede (mannequin et actrice),
« il s’agit au travers de la marque et la fondation Lemlem de conserver le savoir-faire des tisserands éthiopiens et de promouvoir le « Made in Africa », le tout dans un esprit éthique et responsable ».

Pour Nadja SWAROVSKI,
« cela passe par la préservation des ressources naturelles grâce à des projets environnementaux liés à la protection de la nature, comme le développement de diamants de synthèse ».

Marie-Claire DAVEU, directrice du développement durable de Kering, a également partagé le point de vue du groupe sur le sujet,
« il est impératif de changer le statu quo sur ces questions environnementales et éthiques, d’améliorer la traçabilité des produits et d’améliorer les processus de production ».

Au travers des différents designers présents, les participants ont découvert différentes inspirations, ambiances, façons de penser et de créer. Par sa jeunesse et son imagination, Demna Gvasalia reflète ses créations qui sortent de l’ordinaire. Que ce soit chez Vêtements ou plus récemment à la direction artistique de chez Balenciaga, il offre un œil neuf et parfois décalé à chacune de ses pièces avec des inspirations ne venant pas forcément du monde vestimentaire, des matières innovatrices, et pas toujours faites pour être portées.
Karl Lagerfeld possède une grande expérience, est quelqu’un de très affirmé refusant d’être dirigé. Il a ses propres façons de travailler et de trouver son inspiration. Le Vogue Fashion Festival s’est achevée avec Alber Elbaz et son univers fait de rêves, mot qu’il rattache à chaque émotion, chaque pensée. Il a transporté l’audience dans une ambiance unique, entièrement dans le noir, afin que les participants ne se concentrent uniquement sur ses mots.
Toutes ces déclarations de la part de designers mondialement reconnus nous a montré qu’il n’existe pas une façon de créer, mais que la création est totalement personnelle et indépendante, et qu’elle émane, au-delà de la technique, d’un esprit.

De par la qualité des intervenants et des thèmes très actuels abordés lors de cet évènement, le Vogue Fashion Festival 2017 a été très enrichissant et instructif pour les étudiants de Chambéry !
Un grand merci à l’Inseec U. de leur en avoir donné l’opportunité, et plus particulièrement à Christine Visentin, Eugénie Le Gourrierec, Sophie Ramonier et David Bouvier.